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  • Quel est ton parcours? 

 

« Le chaos a son CV, et ma photo est mise juste à côté de l’intitulé de poste : Acharnée.

Après des études arrêtées rapidement pour des raisons financières et des années d’intérim’ pour les mêmes justifications (parmi lesquelles devaient arriver en pôle-position le loyer, la nourriture, et autres « indispensables-mais-coûteux » de la vie réelle), la reconversion s’est imposée, petit à petit, à force d’enchaînement de boulots sans saveur, sans défi, sans complexité.

Je parle de parcours chaotique, mais en réalité, il est fondamentalement cohérent : il incarne un esprit curieux, combatif, et polyvalent. Un diamant brut qui se taillera pendant des années, avant de savoir sur quelle monture il veut se mettre. Oui, c’est beau. »

 

  • Quel(s) conseil(s) donnerais-tu aux personnes qui veulent se lancer dans ce secteur ?

 

«Il ne faut rien lâcher, faire preuve de courage, et être vraiment passionné(e).

Si on est passionné(e), il faut savoir compartimenter entre son travail et son perso. Parce qu’on tombe facilement dans la passion destructrice et on peut facilement en arriver à détester ce métier, voire à se remettre profondément en question. Mais si on y arrive, on peut alors commencer à taquiner des missions intéressantes et à monter en gamme.

Si on le voit comme un métier alimentaire, on en restera à de la fiche-produit, en attendant de passer sur un autre job qui nous corresponde.

Mais dans les deux cas, que ça soit la révélation du siècle ou une simple passade, il faut garder en tête que ce n’est pas parce que ce métier semble artistique qu’il se paie avec la passion.

On a souvent une mauvaise raison d’entrer dans le métier (envie de liberté, facilité, besoin de reconnaissance de l’écriture, …), tout l’enjeu est de trouver la bonne pour continuer à l’exercer. Du courage, donc, de l’audace et une réelle capacité à se réinventer me semblent indispensables. »

 

  • Pourquoi devenir entrepreneur salarié ?

 

« J’ai entendu parler du statut d’entrepreneur(e) salarié(e), et j’étais en autoentreprise. Je voyais que c’était finalement un système cher et relativement compliqué. Il faut tout déclarer soi-même et je fais partie de ces personnes qui ont une réelle phobie administrative. J’avais tout le temps peur de rater quelque chose, de me planter dans une déclaration.

En acceptant de payer une prestation un peu plus cher, j’ai l’assurance que mon entreprise est correctement encadrée, avec une véritable équipe de comptables. La sécurité est bien différente de ce côté-là, et l’aspect hybride de l’entrepreneur(e) salarié(e) permet de jouir encore de certains avantages de ce pays.

Cotiser à différentes prestations et soutenir un modèle social et entrepreneurial est un choix politique, je ne m’en cache pas. »

  • Pourquoi avoir décidé d’intégrer la coopérative ?

 

« Boréal semblait correspondre à ma schizophrénie : un besoin de liberté et de mutualisation. Le concept très « économie alternative » me plaisait, et Boréal a toujours été capable de respecter mon côté ermite grognon dans sa montagne.

J’apprécie cette capacité à respecter les envies et les personnalités de sa communauté. »

 

  • D’ou t’es venue cette idée ? Cette envie d’entreprendre ? 

«

Personne ne voulait m’embaucher, car je n’avais pas de diplôme. J’étais assez bonne pour faire les missions, mais pas assez pour être employée.

Comme souvent, c’est une idée de revanche qui a fait naître ce mode de vie. La vraie question serait plutôt « Pourquoi tu continues ? ». Et, comme souvent, c’est le fait d’avoir appris qui j’étais et comment je fonctionnais.

Entrepreneur, c’est faire sa propre rencontre. 

Cette phrase est assez clichée pour être sur LinkedIn, mais elle est assez vraie : je ne me vois pas travailler autrement. J’ai parlé d’un mode de vie tout à l’heure. Eh bien c’est cela qui est en jeu. »

 

  • Quels sont tes projets pour la suite ?

 

« Continuer de lisser mon temps de travail et mes revenus pour arriver à un subtil et humble équilibre entre un temps partiel et un SMIC. Parce que je ne suis pas que Rédactrice Web, je suis aussi Auteure, et l’un comme l’autre métier demande beaucoup de temps, et écrire n’est pas une tâche compressible.

Après avoir auto-publié mon premier recueil de nouvelles, j’aimerais bien en faire une version papier… Et j’ai une fanfiction Harry Potter à terminer. Un second livre à boucler, une autre saga à commencer…

Oui, on me pose la question sur mon métier, je réponds sur l’ensemble de mes casquettes.

Mes projets sont aussi ambitieux que très simples à lister : m’améliorer, apprendre, recommencer, perfectionner. Créer. » »